Mise à jour – mai 2026 : Le Digital Omnibus Package, publié le 19 novembre 2025 et partiellement en accord provisoire depuis le 7 mai 2026, vient modifier plusieurs textes présentés ci-dessous (RGPD, NIS2, DORA, AI Act, eIDAS, Data Act). Il ne crée pas de nouvelles obligations : il amende le cadre existant pour supprimer les redondances, harmoniser les procédures de signalement et réduire la charge administrative. Une page de fond détaille ses implications concrètes pour votre organisation.
Le RGPD (Règlement UE 2016/679) encadre depuis le 25 mai 2018 le traitement des données personnelles dans toute l’Union européenne. Il s’applique à toute organisation, publique ou privée, qui traite des données de personnes situées dans l’UE, y compris depuis l’étranger.
Son principe central : démontrer que chaque traitement est licite, proportionné, sécurisé et maîtrisé. Pas seulement le faire, le prouver. C’est l’accountability, et c’est elle qui transforme la conformité en exigence de documentation vivante.

RGPD : ce qu’une entreprise doit comprendre immédiatement :
Qui est concerné ?
|
Situation |
Concerné par le RGPD ? |
Niveau d’attention |
|---|---|---|
|
Site vitrine avec formulaire de contact |
Oui |
Faible à modéré |
|
CRM clients / prospects |
Oui |
Modéré |
|
Gestion RH / paie |
Oui |
Élevé |
|
Outils marketing et tracking |
Oui |
Élevé |
|
Données de santé ou sensibles |
Oui |
Très élevé |
|
Utilisation de SaaS américains |
Très souvent |
Élevé |
|
Vidéosurveillance |
Souvent |
Modéré à élevé |
|
IA utilisant des données personnelles |
Oui |
Élevé |
Nature juridique du texte
Consulter directement le Règlement européen (UE) 2016/679.
Application directe dans tous les États membres depuis le 25 mai 2018, sans loi de transposition. Les États conservent quelques marges nationales : âge du consentement des mineurs, encadrement des traitements en contexte d’emploi, dérogations journalistiques et artistiques, certaines dispositions pour le secteur public.
En France, la loi Informatique et Libertés du 6 janvier 1978, refondue en 2018, complète le règlement sur ces points.
Présentation générale
Le RGPD est le texte socle de la protection des données à caractère personnel dans l’Union européenne. Il encadre la collecte, le traitement et la circulation de toute information se rapportant à une personne identifiée ou identifiable.
Son principe central tient en une phrase : une organisation ne possède pas les données personnelles qu’elle traite, elle doit pouvoir démontrer qu’elle les traite de manière licite, loyale, transparente, proportionnée, sécurisée et maîtrisée. C’est l’accountability (article 5§2), qui transforme la conformité en exigence de preuve documentée.
Le règlement vise trois objectifs : protéger les personnes physiques sur leurs données, responsabiliser les organisations qui les traitent, harmoniser le cadre européen pour bâtir un marché unique fondé sur la confiance.
Il repose sur sept principes (licéité, limitation des finalités, minimisation, exactitude, limitation de conservation, intégrité-confidentialité, responsabilité) et six bases légales pour traiter des données : contrat, obligation légale, consentement, intérêt légitime, mission d’intérêt public, sauvegarde des intérêts vitaux. Toute organisation doit pouvoir justifier laquelle de ces bases légitime chaque traitement.
Contexte et champ d’application
Le RGPD remplace la directive 95/46/CE de 1995. À l’époque, le web grand public émergeait à peine, les réseaux sociaux n’existaient pas, le cloud n’avait pas de nom. Vingt ans plus tard, l’exploitation industrielle des données personnelles par les géants du numérique (profilage publicitaire, courtage de données, suivi comportemental) avait rendu le cadre obsolète. Le choix d’un règlement plutôt que d’une directive visait justement à mettre fin au patchwork juridique créé par les transpositions hétérogènes du texte de 1995.
Le RGPD s’applique aux organisations publiques ou privées qui traitent des données personnelles :
- en tant que responsable de traitement, lorsqu’elles déterminent les finalités et moyens du traitement ;
- en tant que sous-traitant, lorsqu’elles traitent les données pour le compte d’un client ;
- dans l’UE, ou hors UE lorsqu’elles ciblent des personnes situées dans l’Union.
Il couvre les données clients, salariés, prospects, utilisateurs, donateurs, bénéficiaires, partenaires, mais aussi les logs techniques identifiants, adresses IP, identifiants de session, données comportementales, données de paiement indirectes. Tout ce qui permet, directement ou indirectement, d’identifier une personne.
Le champ matériel inclut les traitements automatisés comme les fichiers papier structurés. Sont exclus les activités strictement personnelles ou domestiques, la politique étrangère et de sécurité commune, et les traitements menés par les autorités à des fins de prévention et de détection des infractions pénales (couverts par la directive Police-Justice 2016/680).
Le champ territorial (article 3) fait la portée mondiale du règlement : il s’applique aux organisations établies dans l’UE quel que soit le lieu où s’effectue le traitement, et aux organisations hors UE qui ciblent des personnes situées dans l’UE, soit par une offre de biens ou services, soit par un suivi de leur comportement. Cette extraterritorialité a fait du RGPD un texte de référence repris en inspiration par la Californie, le Brésil, l’Inde, la Corée du Sud.
Où en êtes-vous sur le RGPD ?
Radical-SSI vous accompagne pour :
Prenons rendez-vous pour une consultation sans engagement.Partagez cette page via :
