Mise à jour (mai 2026) : Le Cybersecurity Act 2 (CSA2), publié par la Commission le 20 janvier 2026 dans le cadre du nouveau « paquet cybersécurité », propose une refonte du règlement actuel. Trois changements structurants : un cadre horizontal de sécurité des chaînes d’approvisionnement TIC (avec possibilité d’identifier des fournisseurs à haut risque et des actifs TIC critiques), des sanctions financières inédites pouvant atteindre 7 % du CA mondial, et une intégration du guichet unique de notification d’incidents prévu par le Digital Omnibus. La proposition est en cours de trilogue, adoption attendue fin 2026 ou plus probablement en 2027. La page ci-dessous décrit le règlement actuel (UE 2019/881) et signale les évolutions à anticiper.
Le Cybersecurity Act (Règlement UE 2019/881) est l’un des textes fondateurs du cadre cyber européen. Il poursuit deux objectifs : donner à l’ENISA, agence de l’Union pour la cybersécurité, un mandat permanent et renforcé ; créer un cadre européen de certification cybersécurité pour les produits, services et processus TIC.
Son principe central : créer une infrastructure européenne de confiance. Plutôt qu’imposer directement de nouvelles obligations aux entreprises, il organise un langage commun de la certification cyber, reconnu de Lisbonne à Helsinki, et structure la coordination opérationnelle entre les États membres autour de l’ENISA.

Cybersecurity Act : ce qu’une entreprise doit comprendre immédiatement :
Qui est concerné ?
|
Situation |
Concerné par le Cybersecurity Act ? |
Niveau d’attention |
|---|---|---|
|
Achat de solutions cloud ou cybersécurité |
Oui |
Modéré |
|
Fournisseur SaaS B2B |
Souvent |
Élevé |
|
Prestataire cyber managé |
Oui |
Élevé |
|
Produit numérique critique |
Oui |
Très élevé |
|
PME utilisant des outils standards |
Indirectement |
Faible à modéré |
|
Réponse à des appels d’offres sensibles |
Souvent |
Élevé |
|
Activité fortement réglementée |
Oui |
Élevé |
Nature juridique du texte
Consulter directement le Règlement européen (UE) 2019/881.
Règlement européen d’application directe dans tous les États membres sans loi de transposition. Adopté le 17 avril 2019, entré en vigueur le 27 juin 2019. Des dispositions nationales peuvent préciser certains aspects (autorités compétentes, supervision, sanctions). En France, l’ANSSI est l’autorité nationale de certification cybersécurité.
Le texte est un règlement structurant plutôt qu’un règlement d’obligations directes. Il pose les grandes catégories d’acteurs, les principes de la certification, le mandat de l’ENISA et les niveaux d’assurance, mais renvoie aux actes d’exécution de la Commission pour l’adoption de chaque schéma européen de certification. Le premier schéma européen, EUCC (Common Criteria), a été adopté par règlement d’exécution (UE) 2024/482 le 31 janvier 2024.
Le Cybersecurity Act constitue l’un des textes fondateurs de l’architecture cyber européenne moderne, avant NIS2, DORA, le CRA et l’AI Act, mais en amont conceptuellement.
Présentation générale du Cybersecurity Act
Le Cybersecurity Act n’est pas un texte qui impose à toutes les entreprises de se certifier. Sa logique est différente : il organise un marché européen de la certification cyber.
Avant 2019, les certifications cyber étaient fragmentées entre schémas nationaux : CSPN en France, BSI en Allemagne, certifications sectorielles ailleurs. Une entreprise voulant vendre son produit dans plusieurs États membres devait obtenir plusieurs certifications, avec des référentiels techniques souvent différents. Le texte vise à mettre fin à ce patchwork via deux mécanismes.
Premier mécanisme : un mandat permanent pour l’ENISA. L’agence devient un acteur central de la politique cyber européenne, avec des missions d’appui aux États membres, de coordination de la réponse aux incidents de grande échelle, de production de rapports sur l’état de la menace, de soutien aux politiques européennes, d’élaboration des schémas de certification. L’ENISA n’est pas un régulateur, c’est un pôle européen d’expertise et d’harmonisation.
Second mécanisme : un cadre européen de certification cybersécurité. Chaque schéma européen définit précisément les produits, services ou processus concernés, les exigences de sécurité à respecter, les méthodes d’évaluation et le niveau d’assurance attendu (basic, substantial, high). Un certificat délivré par une autorité nationale dans un État membre est automatiquement reconnu dans les 26 autres.
Le principe est celui de la certification volontaire, sauf si un autre texte européen ou national la rend obligatoire. C’est un point central pour les entreprises : le Cybersecurity Act crée le cadre, d’autres textes (CRA, eIDAS 2, exigences sectorielles, marchés publics) viennent ensuite rendre certains schémas nécessaires ou fortement attendus.
Contexte et champ d’application
Le texte s’inscrit dans une période où l’Union européenne cherche à structurer sa souveraineté numérique. L’augmentation des cyberattaques contre les services essentiels, la dépendance croissante à des produits et services numériques complexes, la difficulté pour les acheteurs d’évaluer le niveau de sécurité réel des solutions, le besoin de renforcer l’ENISA comme pôle européen d’expertise : tous ces éléments convergent vers la nécessité d’un langage commun de confiance cyber.
Le règlement couvre deux blocs principaux. Premier bloc : l’ENISA, avec son mandat, ses missions, son organisation et sa coopération avec les États membres et les institutions européennes. Second bloc : la certification européenne de cybersécurité, avec la création des schémas, les niveaux d’assurance, le rôle des autorités nationales (ANSSI en France), les organismes d’évaluation de conformité, les mécanismes de reconnaissance mutuelle.
Le texte concerne plusieurs catégories d’acteurs : la Commission européenne (adoption des schémas par actes d’exécution), l’ENISA (préparation des schémas candidats), les autorités nationales de certification, les organismes d’évaluation de conformité, les fabricants et fournisseurs de produits, services et processus TIC.
Pour une PME ou une ETI, l’application est généralement indirecte mais réelle dans trois situations : quand l’entreprise achète des produits ou services critiques (et veut les évaluer), quand elle vend des produits ou services numériques (et peut chercher à se certifier), quand elle doit démontrer un niveau de confiance cyber à ses clients, assureurs, régulateurs ou partenaires.
Où en êtes-vous sur la certification et la confiance numérique ?
Radical-SSI vous accompagne pour :
Prenons rendez-vous pour une consultation sans engagement.Partagez cette page via :
